gavroche

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samedi 10 janvier 2009

Mes cousines

J’ai rencontré des cousines!

Moi Gavroche Amphora n°83 je ne suis plus seul ici…

Mes propriétaires m’ont retrouvé des cousines qui sont dans le coin.

Une jolie à Antwerpen Laeticia elle s’appelle, son propriétaire passe tous les jours dessus à la bichonner à la modifier, à l’astiquer dehors comme dedans…


Non il n’y a pas de jeu de mots !

Laeticia est mon ainée de quatre ans elle naquît en 1976 et porte le n°66.



Laeticia est très coquette, mais à voir l’intérieur on voit tout de suite qu’elle ne navigue pas beaucoup…



Mes patrons ont aussi retrouvé une autre de mes cousines : Marica



Elle est gréée en ketch, c’est différent, mais son pont est en teck.

Misère déjà qu’ils ont assez à faire avec tous mes bidules qu’y ne fonctionnent pas.

Si en plus j’avais le pont en teck ! 

Et puis je suis destiné à aller dans les pays où il fait toujours chaud alors le teck, merci !

Je sais qu’il y en a encore plein d’autres, et mes patrons m’ont promis un jour de pouvoir me mettre à couple avec une autre de mes cousines.


Celle-là est beaucoup, beaucoup plus loin au Vénézuela

Mon-wind-et-mon-eolienne.jpg

Sa patronne à elle est déjà un peu célèbre, son nom ?Enomis

Enomis,et sa patronne c’est Sophie

http://www.enomis.bora-bora.net/


Je ne désespère pas.
Meme si pour l'instant j'ai un peu froid au derrière !!!
Ici c'est pas un temps de bateaux....

vendredi 09 janvier 2009

Naviguer en hiver ?

Naviguer en hiver ?

Nous l’avons fait. Gavroche est maintenant au BRYC à Bruxelles.
La trace Roompot Bryc

Pour accélérer un peu les travaux, ce sera moins loin aussi. Le trajet s’est fait sur trois jours. La première escale jusqu’à Hansweert et à la sortie de l’écluse nous y avons passé la nuit.

Faute du chauffage Eberspacher pas réparable nous avions embarqué un petit chauffage au pétrole.

Heureusement ! 

-8° la journée c’est déjà pas terrible alors le soir il vaut mieux avoir un petit peu de chaleur.

La navigation en soit n’a rien de difficile, des bonnes cartes à jour, et respecter la réglementation. Aucun bateau de plaisance, juste des péniches et autres cargos et portes containers qui sont prioritaires et de toute façon, qui passent !

La partie de L’Escaut au dessus d’Anvers est très sauvage et donc très belle en hiver. Quelques bateaux de pécheurs amarrés sur les berges, des bancs de sable font penser que pour être là avec ces températures c’est qu’il doit y avoir du poisson !

Les vacations Vhf se font aussi bien en néerlandais qu’en anglais sans trop de soucis. Français ? Non faut pas trop rêver, sauf au Buda Brug à moins d’un km du BRYC donc sur Bruxelles.

Les matins avaient cette lumière magique d’hivers                                Un éclairage qui se mérite !

La nuit, par habitude, je faisais une ronde de contrôle à l’extérieur de Gavroche. De longs bâtiments chargés de containers glissaient sans trop de bruit tout près de nous. Instants magiques, presque de privilégiés.

A l’intérieur une température acceptable, c'est-à-dire qu’il faut prendre le contexte -8° à -10° en extérieur.


A +5° c’est parfaitement acceptable, et à +10° c’est carrément du luxe. Les quelques degrés supplémentaires gagnés font partie de l’orgie… Le plus difficile à gérer c’est la condensation, lorsque l’on sent un fin filet d’eau à la limite de la gelée gentiment qui descend le long du vaigrage et vient finir le long du dos, sous la couette.

Extase ? Il ne faut pas exagérer… Impression d’être un explorateur bloqué sur la banquise.

Impression de solitude aussi, mais pas désagréable. C’est vrai qu’en trois jours nous n’avons guère vu de nos congénères. Personne sur les passerelles des cargos, encore moins sur les ponts des péniches et autres portes containers. Nous devinions plus que voyions la silhouette des mariniers qui nous saluaient bien au chaud dans leurs cabines de pilotage.                               La facilité (relative) de voir une péniche de plus de 90 m aborder la courbe du fleuve et entrer dans l’écluse. La classe !                               Les oiseaux aussi, partout.




Même si nous ne connaissions pas la marque de chacun d’eux. Bref des ….. Oiseaux !

Regarder les canards atterrir en douceur à la surface de l’eau.

Les regarder se déplacer de quelques mètres et nous laisser passer.

Des canards en file indienne pas du tout effrayés par notre passage à portée de plume…

Des cormorans qui venaient grappiller en plein vol à l’arrière du bateau le pain presque congelé.

Gavroche qui glisse sur le fleuve fumant avec juste une petite moustache à l’étrave, comme pour ne pas déranger.

Et nous, silencieux, immobiles à la barre, malgré le froid. Les écoutes et les amarres sont continuellement gelées et formes des sculptures surréalistes.

Au bout du deuxième ou troisième arrêt dans une écluse nous mettions ce froid à notre avantage : une amarre gelée est plus facile à utiliser pour attraper un bollard. La traversée des villes est aussi un moment privilégié. Les badauds emmitouflés sur les berges d’Antwerpen qui nous font signe.

Cette ville que je connais bien (pour y avoir habité) est, vue du fleuve, différente.

La cathédrale d’Anvers vue d’ici avec en premier plan la grande roue de la fête foraine près des quais.

                               Savourer en silence. Goûter à cet instant de privilège.

Destins qui se croisent.

Tout près et à des années lumière, loin de la civilisation, seuls dans le froid, face à ces villes temples de la surconsommation surtout en ces périodes de fêtes de fin d’année. Privilège de sensation de solitude.

Envie aussi de vouloir faire partager à d’autres, des gens choisis parmi ceux que l’on apprécie. Et ne rien dire simplement regarder.

Parfois il ne faut pas aller très loin pour REGARDER.

D’autres partent à l’autre bout du monde, et ne font que VOIR.

Un fleuve c’est un peu comme un couloir du temps à travers nos villes, à travers nos vies, c’est intemporel.

mardi 16 décembre 2008

Ce petit bruit que l'on aime tant....

Ce weekend end on annonçait du froid.

Ce weekend end a été froid.

Avec le vent du nord en plus c’était encore plus sensible. Donc dehors un petit 1° et dedans en arrivant 10° !

Miracle ? Ben non même pas. Chauffage électrique : deux céramiques laissés en marche toute la semaine sur deux alimentations différentes au cas où… Ce dimanche relâche.

Lundi nous avons décidé de travailler sur le chauffage stationnaire qui fonctionne au gaz oïl. Eberspachers ca s’appelle. C’est allemand, alors c’est bien !

En néerlandais c’est même surréaliste comme nom… Pas prononçable pour un français !

Toute l’après midi passé a isoler le tuyau d’évacuation des gaz brulés pendant que le techniciens faisait les derniers raccordements électriques. Les bras et les mains couverts de petites aiguilles de la laine de roche. Faire un passage jusqu’à l’extérieur. Raccorder les tuyaux de sortie d’air chaud. Vers 17h tout était raccordé et branché. Nous communiquons, moitié en anglais (qu’il ne comprend pas du tout) Moitié en Néerlandais que nous devinons plus que comprenons et que nous essayons de parler. La plus grande partie du dialogue se fait dans une langue des signes à la fois internationale et surtout digne des plus grands classiques du cinéma muet. Oui bon ! Ca fonctionne… Parfois il est vrai qu’il y a des silences pesants qui planent après une longue explication de l’un ou de l’autre ! Chacun retourne dans son coin en méditant les paroles entendues de l’autre….

Donc à 17h heure local nous décidons d’essayer ce ( censuré) de chauffage. Démarrage- tic, tic fait la pompe à gaz oïl. C’est déjà çà ! Démarrage de la turbine, là on voit Tintin décoller de la lune…. Un bruit impressionnant ! Bruleur en route- combustion- sortie d’air tiède- chaud dans la buse du carré ! Yessssssssssssssssssssss.

Et les gaz brulés ?

Ah oui c’est vrai les gaz, sortir dans le cockpit et là le bruit caractéristique de la chaudière qui fonctionne. Ce bruit tant de fois entendu à l’arrière des bateaux habités ici en hivers au port. Ce bruit envié aux autres. Ce n’est pas beau l’envie, je sais. Mais quand il fait froid….

Au bout de très peu de temps, sans cette confiance dans la technique et tous les techniciens du monde nous regardions les résultats de la combustion ! Dehors de la fumée à se faire envier de tous les navires marchants. Que dis-je ? De tous les tankers ! Bon bien sur pas les écolos !!

En voyant cela je demandais quand même au technicien si c’était normal ? A voir sa mine je compris que peut être un réglage devait améliorer la chose.

Je me demandais comment serait les quarts passés dans le cockpit pendant que quelqu’un serait au chaud dedans ? Masque à gaz en plus du gilet ? Donc arrêt de la centrale. Ya ya, problem ! ça tu l’as dis bouffi ! Zérieux Broblème… Donc comme on dit ici en Belgique : chipotage pendant bien une demi-heure. Et enfin d’un commun accord arrêt des hostilités vers 18h. M’enfin nous avons vu la bête fonctionner ! Une fois oui… Le progrès fait rage. Et oui. La confiance est aveugle. Et oui….

A suivre.

mardi 04 novembre 2008

Tuyau pour petit bonheur...

Comme tous les weekends nous rejoignions Gavroche.

Cette fois se sera pour trois jours !

La liste des choses à faire semble extensible, alors il faut trier en fonctions des paramètres tels que finances, météo, temps disponible, et compétences requises.

Pas besoin de tableau xl, tout est dans la tête.

Donc las de voir l’eau des réservoirs se vider et rincer toutes les semaines les fonds. Décisions d’entreprendre les travaux de canalisations. Changer les tuyaux d’admission qui datent visiblement de la construction du bateau soit 28ans.

Les tuyaux cannelés sont tapissés d’une couche noirâtre qui n’insiste pas vraiment à la dégustation. Même avec force goutes de javel dans les tanks je ne vois pas vraiment comment rendre l’eau comestible ?

Les réservoirs eux semblent avoir été changés.

Un bon truc pour vendre et revendre des réservoirs : surtout poser directement sur le fond de l’équipet, le réservoir. La liaison bois et joint fibre de verre viendra jour après jour entailler gentiment les bâches.

La solution ? Passer la main sur le fond là où ca pique, là où c’est rugueux poncer un peu jusqu’à se soit lisse. Enfin pour plus de sécurité déposer un bulgomme ou autre bâche entre le fond et le réservoir

Après il reste a réinstaller les nouveaux tuyaux et surtout les fixer au coudes sur le réservoir. Réparer les réservoirs semble plus simple. Une bonne colle (au prix du pot se ne peut qu’être bon !) Vingt kilos de plomb de nos ceintures de plonger en statue art déco nouveau jusqu’à demain matin sur une rustine (grand garçon)

Voilà c’est simple non ? Rien de compliqué, ben non la preuve : c’est au moment du remplissage que l’on voit seulement si c’est bon.

Non pas forcément au moment juste là où l’on traque la moindre gouttelette suspecte et où il faudra hurler « COUPE !»

et plus bas (tous un tas d’injures nouvelles et si possibles des plus imagées)

Sortir du bateau prendre un peu l’air- prendre les amarres d’un voisin qui part en mer, ( avec son bateau tout neuf… quelle tristesse !!!!)

Redescendre au fond plonger la tête sous le réservoir avec la frontale et un rouleau d’essuie tout (on est en Belgique !) Démonter la liaison avec le tuyau après avoir tout vidangé !

Amener le chauffage au fond pour sécher les fonds - inutile de prendre le décapeur thermique !

Oui oui, j’ai quand même essayé…. Recommencer encore et encore.

Sortir un peu quand même, aider le voisin à s’amarrer. Bonne journée hein ? Mmm, OUI c’est SUR ! (Tu l’as dis bouffi !)

S’enfuir au fin fond du navire, cacher sa joie

au fond d’un équipet , se mettre à l’affut prêt à bondir, prêt à hurler.

Sa rage, son désespoir, sa vieillesse ennemie qui nous fait craquer les articulations de partout ! Tiens il fait nuit.

Ca à l’air de tenir ?

Vas y continue à remplir. La poche se gonfle, se gonfle, se gonfle, se gonfle encore …. Là je pense à la grenouille ! Se gonfle encore de façon indécente, arrive maintenant à ras des boiseries qui supportent les couvercles des assises du carré. En voyant cela je me dis : « si ca pète ! »

Le repas du soir se fera en silence en scrutant en face de nous le grand coffre qui restera ouvert jusqu’à demain matin. Au matin nous pouvons constater que ca tient ! Que tout est sec. DESSUS !

En dessous ce n’est pas grand-chose juste un petit suintement. Faire le nécessaire : vider- resserrer le coude- re remplir- attendre- scruter- sortir un peu aider les voisins à sortir…..

Et làs, très làs contempler d’un air idiot ce travail et se dire que quand même c’est beau des réservoirs ….

Je plains ceux qui ne savent pas ce que représente un geste tout simple qui consiste à contempler les fonds

SECS.

Ah, la plaisance ! Chut, il y en a qui nous envieraient…

samedi 04 octobre 2008

Vous pouvez me faire cela pour quand?

Nous avons décidé de refaire les vernis et pour commencer nous avons ramené à la maison l’échelle de descente. La table du carré a déjà été faite. Déjà une semaine de ponçage. Quel bonheur !

Cela a au moins l’avantage d’apprendre à connaitre chaque centimètre carré de Gavroche. Retrouver les gestes de ceux qui ont construit le bateau ?

Oui peut être.
N’empêche que cela doit être bien agréable de pouvoir dire à quelqu’un :

Vous refaites tout. Ok ? Pour quand ? On ne va pas demander : pour combien ? Le yachting a ces convenances que diable ! Tu parles ! En voyant la poussière (même avec l ‘aspirateur raccordé sur la ponceuse c’est surréaliste !!) Je n’ose imaginer ce que ce sera dans le bateau pour tout ce qui ne se démonte pas. Et on ne peut quand même pas tout démonter ! Le weekend end dernier nous avons vu des dauphins. Enfin croisé.

Parce qu’ici ce n’est pas vraiment la Méditerranée.

Quand je lis sur les forums ceux qui naviguent autour du Frioul. Misère… Il devrait il y avoir un impôt pour qualité de vie. Et bien sur des aides attribuées à ceux qui vivent au dessus de Valence… Ici même au mois d’aout il faisait bon porter des polars.

Je vais peut être me renseigner pour savoir si l’on peut équiper la barre à roue de résistances chauffantes !!! Pas envie d’y rester coller par le gel…. Si c’est cela le réchauffement de la planète. Je préfèrerais avoir de la neige en hiver et vraiment très chaud en été. A la place, ici, nous sommes en automne toute l’année. Au port ca va… Chauffage à fond.

Il fait bon vivre dans nos chalets !!!!

Même la pèche ne marche pas. En Méditerranée avec « la planchette japonaise » j’attrapais tout le temps des maquereaux, des bars, des bonites. Ici rien du tout et apparemment personne ne pèche à la traine. Peut être la couleur de l’eau ? Comme il n’y a pas de visibilité les poissons d’ici sont plats, au fond donc. Il va falloir se pencher sérieusement sur le sujet. Peut être même se fabriquer un p’tit casier ? D’abord savoir si cela est autorisé.

Les autorités hollandaises sont tout, sauf des rigolos et ne plaisantent guère avec l’écologie.

lundi 01 septembre 2008

A terre.....

Voilà il faut bien reprendre le travail.

Se déshabituer du manque de confort, quitter le bord, retrouver les terriens et surtout les soucis quotidiens… Apprendre de mauvaises nouvelles.

Ce couple sympa qui a pendant neuf ans a restaurer leur bateau entièrement et largué les amarres en juin pour cinq ans de congés sabbatiques. En allant sur leur site nous apprenons que le voyage s’arrête par désistement d’un des deux membres de l’équipage !

Toute la liste de choses à faire sur le bateau qui ne s’est guère raccourcie.

La météo qui n’a pas été clémente.

Septembre est une sorte de mois « facture » de tous ces petits instants passés à bord en famille ou avec des amis que l’on affectionne.





Tous ces moments magiques ponctués de : « Elle n’est pas belle la vie ? »

Si sans doute … Les gens heureux n’ont pas d’histoire ?

Alors ca tombe bien tiens. Moi de temps en temps j’aimerai bien en avoir moins des histoires… Alors oui, bien sur il y a les photos et là on s’aperçoit que l’on a vraiment pris un coup de vieux ce coup ci ! Bien, bien et,

À part cela ?

Oui bon on a navigué un peu. Pas trop pour pas tout casser ce qui ne l’est pas encore.

Vu de beaux paysages et surtout fait partager un peu du bonheur d’être sur l’eau avec tous ceux que l’on aime.

Rencontré beaucoup d’autres gens aussi cinglés que nous.

Ca rassure… Ah ?

C’est déjà pas mal non ???

mercredi 16 juillet 2008

Goûter les choses simples…

Dimanche temps moyen beau. Ce qui pour nous signifie beau temps, arrivée au port en début d’après-midi (travail oblige) Après déchargement des deux trois bricoles transportées pour deux jours… déjeuner de midi.

Pour nous ici trop de bruit. Beaucoup de bateaux autour sont occupés aujourd’hui, incompréhension de voir tous ces gens qui « caravanent » leurs bateaux

Au vu de tous les équipements qu’ils ont, ils feraient de sérieuses économies en troquant leurs embarcations contre de réelles caravanes… Bref petit repas avalé, chacun prend sa place. L’équipage commence à être bien rodé !                                Inimaginable ! Semblent penser tous ces braves gens vautrés dans leurs embarcations…

Ben oui, il est 17h braves gens et nous autres on a même pas lavé le navire avant de sortir, mais on sort !

Il fait BEAU pas chaud mais BEAU dans un pays où quand il ne pleut pas tout le monde est ravi. Aujourd’hui il fait donc beau, un léger vent pas de houle et de toute façon nous n’allons pas loin. Une petite baie juste en face pas loin de l’écluse.

Quelques bateaux aux mouillage. Petit fond de cinq mètres.

On mouille.

Nous avons choisi cet endroit pour nettoyer « dessous » Mais non pas le fond de la mer ! La coque quoi !

Bouteilles vérifiées, assez d’air : 80 bars pour moi et mon binôme 300 bars dans la carbone. Vite à l’eau direction le mouillage en premier.

                               Une vieille habitude qui évite les soucis de remontée d’ancre.

Nous sommes munis, l’un d’un couteau de plâtrier, l’autre d’une brosse et dans ma stab une grosse éponge. La grosse éponge je la perdrai très vite et comme elle flotte, les mouettes vont s’acharner dessus croyant voir un morceau de comestible.

Dessous c’est noir, fond de vase. La grosse chaine fait juste un trait au fond, elle disparaît sous 20 cm de vase noire. L’ancre est tout a fait invisible.

On remonte sous la coque, je pensais ne trouver que des algues ! En fait en trois mois de temps toutes une colonie de petites coques blanches sont venues coloniser la quille. Des balanes.

L’hélice de chalutier est dans le même état !! Quand j’ai fini elle brille comme une neuve, l’arbre est magnifique !

Les anodes … oui bon, un peu bouffées, là à ce moment je pense « tiens, il faut que je fasse une photo pour montrer cela sur Héo".

Je pense que peut être dans quelques années on pourra faire « un direct » avec images !

Il n’y a pas encore de moules mais quand même cela tombe par grappes avec le couteau à mastic. Maintenant le navire va voler sur l’eau !

Pour la petite histoire le dernier carénage a été fait à la sortie de l’eau en France avant qu’il ne soit abandonné sur le terre plein de Port Saint-Louis.

Et c’était il y a cinq ans…oui presque 6 ! Un carénage consiste à passer une couche d’antifouling (anti-écolo) et de mettre le bateau à l’eau dans les 24h.

CQFD ou bien : Tu l’as dit bouffi !

Une heure et demie après, le bateau est délesté de tout le surplus embarqué, c’est psychologique bien sûr, mais j’ai l’impression qu’il est plus haut sur l’eau !

Mon fidèle compagnon (Moniteur Fédéral) s’est battu contre les mouettes pour récupérer la grosse éponge au péril de sa vie ! Il n’y a presque plus de vent, c’est l’heure magique, lumière chaude, encore deux trois bateaux, le plus près à au moins 100 m.

Plus loin les grandes éoliennes tournent encore un tout petit peu.

Les cormorans rivalisent avec les mouettes, les sternes, les pies huitrières et les autres « oiseaux » (je ne connais pas la marque) pour plonger et repartir de plus belle, en ballet tout la haut dans le ciel rougeoyant.

Quelques bateaux passent au loin majestueux avec leurs grands pavillons qui effleurent l’eau.

Une petite douche et bien sur, on a bien mérité : Un petit apéro !

Santé, vive la France !

On reste là dans le cockpit à regarder tout cela sans bruit, sans parler…                                C’est comme les biscuits d’apéritif… le bonheur.

Doucement, faut pas se ruer dessus, il suffit simplement de savoir l’apprécier.

jeudi 10 juillet 2008

Transmettre... SAVOIR transmetrre

Petite expérience :

Vous prenez avec vous pour un week-end quelqu’un que vous apprécier quelqu’un de bien quoi, puisque c’est un ami à vous….

Il vient avec sa femme que vous appréciez tout autant.

Dans cette exemple il s’agit de quelqu’un d’aguerri au choses de la mer. Oui mais … en plongée…

• « Prends la barre • T’es sur ? • Mais oui tu verras il n’y a pas de problème »

Lui, vous fait entièrement confiance… N’êtes vous pas ce que l’on nome seul maître après Dieu ? Et Dieu n’étant jamais là où on lui demande !

• « Bon tu restes bout au vent, le temps que j’envoie la grand voile. • Non pas comme cela ! • Reviens dans le lit du vent !! • Abats un peu !!! • Non maintenant abats complètement tu vas dans les bouées… »

Maintenant ça y est vraiment…

Vous avez quelque chose de commun avec un dieu : les êtres humains normaux ne comprennent plus votre langage. Votre ami est de bonne consistance. Il en a vu d’autres mais là vous êtes vraiment devenu étrange, voir extraterrestre !!! Et vous en rajouter. En plus !

• « Bon maintenant tu choques. • Non c’est trop, • Borde un peu, • Reprends, • Gardes ton caps. »

Ce garçon n’avait rien demandé, juste il voulait passer une bonne journée. La solitude vous gagne… Votre gouvernement en rajoute encore une petite couche.

Cette fois votre amis n’y tient plus il se sent comme,

Excommunié !

Pendant ce temps le ciel s’est mis de la partie, le vent redouble quelques rafales musclées dérobent vos précieuses paroles à ce pauvre terrien, qui vous implore du regard.

Rien n’y fait. Vous êtes inaccessible et impénétrable tout comme vos paroles qui s’envolent au vent. L’inconcevable se produit… L’équipage se révolte !

• « Regardes moi quand tu parles ! • Je comprends rien a ton charabia »

Une petite voix au fond de vous vous susurre :

« Seigneur prends pitié !!! »

Alors l’équipage vous regarde. Chacun de vos gestes est littéralement décodé par vos fidèles pour ne rien perdre…

Vous redescendez dans le cockpit, et un peu sur terre aussi.

• « Bon après on fait un débriefing parce que moi tout ça !!! »

Votre ami a raison, transmettre est un don, savoir transmettre s’apprend.

Mais si vous allez y arriver…

Oui, il y a du travail….

mercredi 25 juin 2008

La virgule!!!!

Donc ce we après braderie et autre brocante, le soir nous avons quitté notre charmant village…

Vite la mer ! Tard dans la nuit, arrivée a bord juste pour le plaisir de dormir à bord.

Lundi matin beau soleil. Nous décidons de sortir pour nettoyer en dessous en plongée.

Dehors un petit peu de vent.

Pas beaucoup mais Sir Perkins ronronne. Après un moment nous coupons et nous envoyons tout.

zeelande_016.jpg

Au loin quelques bateaux.

Mon coéquipier/gouvernement scrute l’horizon avec les jumelles. • « Cath est dans le coin. • Comment tu sais cela ? • Elle m’a envoyé un message. • Ah !

Donc quand les femmes décident….

Nous voilà donc à tirer des bords pour se rapprocher de tous les bateaux et dans le but de les identifier. • Non, trop vieux, pas celui-là ! • Celui-là porte un drapeau hollandais. • Celui-là ce n’est pas un Bavaria ! • Ce pourrait bien être celui-là !!!

Tant mieux ! Moi j’en ai un peu raz le bol de courrir après tout ce qui flotte…

Effectivement nous voyons débouler sur nous un beau bateau flambant neuf.

C’est là que je découvre que Cath n’est pas toute seule. Ben oui,

elle a un homme !

C’est elle qui barre et lui qui exécute les manœuvres. On se croise et recroise et sans s’être concerté on shoot le bateau de l’autre avec nos appareils photos.

C’est bien le seul moyen d’avoir des photos de son propre bateau.

Il y a un petit 15 à 20nd de vent ce qui pour Gavroche est vraiment trop peu, les virements de bord s’enchaînent et nous manquons de pratiques sur ce bateau.

Mon skipper me laisse un peu la barre. Moi j’essaye de suivre là bas Bensai qui nous humilie littéralement. Peu importe, ce n’est pas une régate et en plus notre « camion » n’est pas fait pour cela.

Je suis avec les soleil de face, je pense qu’il va vraiment falloir que je nettoie mes lunettes de soleil emplies de sel.

• Tu es malade ou quoi ? • Quoi ? qu’est que j’ai fais ? • Tu veux monter sur la digue ou quoi ?

Une petite voix intérieure me dit qu’il devait y avoir un problème quelque part…

La virgule !!!!

Là devant moi le sondeur…

Avec lunettes pleine de sel : 12 mètres

Et sans lunettes ?

Oui, vous avez tout compris…

L’impression ?

C’est simple quand je jouais avec mes filles dans les « plaines de jeux » vous avez déjà vu ces bateaux immobiles au milieu des bacs à sables ? Quand pour amuser vos enfants vous prenez la barre de ce navire et que vous mimer une tempête.

Pareil, idem, même sensation de ne pas bouger…

Et moi en plus pour détendre l’atmosphère je dis : • « Ben, il n’y avait pas de mouettes… » (en rapport avec le dicton : • « Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer »)

Bon cela ne la faisait même pas sourire…

Action .

Je ne me rappelle même pas avoir mis en route.

Mais le résultat : « Sir Perkins » a déplacer les montagnes… A voir la couleur de l’eau j’ai du sabler méchant les tourteaux et les crabes au fond de l’eau. Et la quille, ben oui…

Bon du coup, je mets mes lunettes, propres.

Plus tard beaucoup plus tard nous arrivons au port, Cath et son homme quand même n’avaient pas encore pris leurs douches… Quand même ….

samedi 21 juin 2008

Mémoire d'eau

Bienvenue à bord.

Qui que tu sois tu fais partie de la famille, de par ton sang ou de par l’eau de mer qui coule en toi.

Mon nom est Gavroche. Ce nom me plait plutôt bien. Il m’a été donné par mes nouveaux propriétaires, belge pour elle, et français pour lui. C’est la raison pour laquelle je porte un prénom de garçon. De l’autre coté du Chanel je serait une fille.

J’ai vu le jour en 1980 en France dans le nord au chantier Wauquiez. Je fais parti des 139 Amphoras construits entre 1976 et 1981. Tous mes frères sont des ketchs. Nous ne sommes que trois a être grées en sloop, avec en plus un étais largable.

Suite à une annonce vue sur Voiles et Voiliers mes nouveaux propriétaires m’ont découvert séchant littéralement sur un ber depuis quatre années à Port Saint Louis du Rhône.

Presque laissé à l’abandon par mes propriétaires anciens qui faute de moyen me laissait me faire squatter régulièrement et piller petit à petit.

Le jour de la première visite (le 24 juin 2007) je me rappelle encore les réflexions de mes nouveaux acquéreurs :

« En deux ans de recherche et plus de 150 bateaux visités, c’est le plus sale que nous ayons vu. De rajouter tout de même peu de temps après : c’est quand même le plus grand en capacité de rangements »

Ils sont bien restés 3h a me fouiller de fond en comble, photographiant chaque recoin de mon anatomie. Près de 400 photos ! Un bon truc pour ne rien oublier et retrouver plus tard un détail oublié.

Ils étaient quatre ce jour là. Je me rappelle encore de la jeune femme de son fils qui essayait de rivaliser avec moi en rondeur !!!! La différence c’est que moi c’est à vie….

Le lendemain ils sont revenus à deux cette fois. Même scénario à fureter de partout.

Quelques mois plus tard je les ai tous revus plus deux autres personnes : sa fille à lui avec son homme.

Tout le monde flattait mes formes extérieures… A la façon de passer sa main sur mon étrave et sur mes hanches j’ai compris qu’ils avaient le coup de foudre.

Au mois d’août je les ai revu avec les anciens propriétaires, il m’ont même permis de retrouver mon élément : l’eau. Je montrais de quoi j’étais capable, j’espérais vraiment qu’ils me sortent de là….

((/public/./.2007.07.22_003R_solution_de_l_cran__m.jpg|

        ))

Presque une année s’était écoulée, j’ai vu arriver son fils, avec sa femme qui avait abandonné la concurrence avec moi, elle était plate comme une limande ! J’avais gagné ! Au gazouillis dans la voiture garée près de moi je compris qu’elle s’était dédoublée.

Je vis arriver la grosse grue du chantier, celle qui m’avait mis à l’eau !

A l’affairement autour du mat je compris que cette fois je n’irais pas à l’eau. Ils ont même enlevé les bossoirs !

Ils ont retiré mon mat, avec la grue. Aux gestes du garçon je compris que je n’irais tout de même pas à la casse.

Elle, elle me prenait encore en photo !

J’étais devenu une star. Ils sont partis tard le soir me laissant tout démonté…

Le lendemain je vis arriver un gros camion avec une remorque. J’allais voyager, chic ! Bon j’aurais préféré être sur l’eau, mais après tout l’important était de partir d’ici. J’ai mis près de deux jours pour arriver dans un port ou les gens n’avaient pas vraiment le même accent ! Dunkerque, le nom du port.

Il y avait moins de poussière. Au moins eux, ils m’ont tout de suite mis à l’eau.

Ils étaient tellement pressés qu’ils n’ont même pas mis mon mat… Je n’ai pas bien compris…

Je me suis retrouvé à un vrai ponton, les autres bateaux me snobaient un peu, du style : « T’as pas perdu quelque chose ? »

Le dimanche soir je les ai reconnu tout de suite, ils arrivaient avec un tas de trucs et de machins pour me récurer me nettoyer.

Une sorte de grosse brosse à dent jaune « Un karcher »

                               Sur le pont mon bois fut récurer par elle, même mes planchers de cockpit furent récurer sur le ponton. Lui pendant ce temps passa trois à quatre heure à m’opérer. J’étais comment dire, un peu, beaucoup constipé. Il me mis même un morceau tout neuf d’intestin, un vrai bonheur…

Elle entrepris de nettoyer la cambuse de fond en comble, ce qui n’avait pas été fait depuis au moins ….cinq années ! Tout les week end durant plus d’un mois ils venaient et chaque fois je devenais de plus en plus propret.

Un dimanche ils firent mine de partir, mon moteur après quelques minutes de chauffe s’arrêta d’un coup. Il fallu attendre le lundi pour me faire réparer.

Je croyais que nous allions partir, ben nom ils disaient : « Trop tard, trop court pas assez de temps » plus tout un tas de noms d’oiseaux que je ne connaissais pas !

Le we d’après je les ai vu arrivé accompagné d’un garçon a l’air sympa, ils mangèrent à bord et dormir. Au matin après avoir fait resserrer l’antenne qui ressemblait à la baguette de Merlin l’enchanteur ils partirent du port.

J’allais enfin retrouver mon élément !

J’étais très fier de voir tous ces gens des autres bateaux me regarder partir.

Il y avait dehors un petit vent de demoiselle un beau soleil, un ciel d’un beau bleu. Bon c’est vrai la couleur de l’eau locale, c’était pas ça…

Mais bon, je naviguais !

Le soir nous nous sommes arrêté à Blankenberge, une fille sympa nous attendait.

                               Ils semblaient se connaître depuis longtemps.

Elle est venu me rendre visite, a trouvé que j’étais grand !

                               Mais non pas gros !!!

Quand nous sommes reparti au matin j’avais sur bâbord sous les barres de flèche un joli pavillon : Hisse Héo,

(Une secte ?) Non il parait que c’est une taverne où tout le monde peut venir. Chacun y amène ses idées discute avec les autres, parfois aussi l’ambiance est très chaude, ça vole dans tous les coins, un saloon quoi ! Dehors il n’y a pas de chevaux rien que des bateaux des grands, des petits, des planches à voile, des moteurs. Bref c’est une grande réunion de fou furieux, des passionnés de tout ce qui touche à la mer des grosses unités lointaines aux pop pops bien sympathiques.

Il y a régulièrement les sujets qui fâchent rouge qui reviennent sur les tables. Parfois un type sorti de nulle part vient faire « son mariol »

Des moments d’anthologie !!! Comme dit la pub : « Attention talent !)

Il y a aussi un atelier chacun y vient expliquer aux autres comment il a fait pour rendre son navire plus beau, plus grand, plus plus. Incroyable le savoir faire de tout ces gens. En même temps personne ne se prend au sérieux. On est parfois surpris de voir untel faire le pitre et voir que c’est un grand père un peu grisonnant tout a fait respectable…

Un autre qui tient en halène toute une soirée son auditoire à monter un « bateau » énorme !! Bref un endroit ou tout le monde peut venir et apprendre plein de trucs et astuces diverses, échanger avec les autres, partager son savoir.

Il y a comme dans tout navire un équipage qui est continuellement en veille, il ne s’agit pas de dériver !

Et, bien sur un capitaine : Tom.

Mélange de discrétion et d’efficacité, un garçon qui doit être fier de ce qu’il a créer, qui parfois doit se faire des cheveux blancs…. Je crois savoir qu’il est bien secondé par quelque comparses qui ne font pas spécialement partis su staff mais qui sont là en veille.

Pour revenir à moi,

Ils ont mis encore un autre joli petit pavillon à tribord se coup ci.

Lui, il la reprend toujours parce qu’elle dit : « Pavillon de complaisance »

Non : de COURTOISIE !!!! Il parait que c’est la Belgique.

A l’arrière le pavillon National est tellement grand qu’il astique les bossoirs et les supports des panneaux solaires.

Il parait que c’était du temps où en France on parlait football…

Moi je m’en fiche un peu, c’est vrai qu’en Hollande, pardon en Zeeland les bateaux arborent fièrement des pavillons encore plus grands ! Les mêmes couleurs pas placées pareilles. Le fin du fin : avoir ses couleurs qui frôlent l’eau sans jamais mouiller, tout un art !